Fuchsia a dit :
Onfray aurait-il peur de la psychanalyse, peur qu'on lui découvre un TOC (trouble obsessionnel de la critique).
Il fait ses choux gras à tout critiquer le bougre.
Ah oui ? Il me semblait pourtant que l'essentiel de son oeuvre avait servi à faire connaître les oubliés de la philosophie...
Bien sûr que la psychanalyse n'est pas une science exacte et que Freud a fait des erreurs, liées aux balbutiements de cette nouvelle discipline.
De plus, il n'est plus là pour se défendre.
Que Freud ait fait des erreurs n'est pas le problème. Le problème est que ces erreurs, ni lui, ni les freudiens ne les reconnaissent.
Tu penses vraiment qu'il ne faut émettre aucune critique sur les écrivains/médecins morts ? Drôle de conception de l'approche des oeuvres dites universelles et qui régissent l'humanité.
Mais bon il reste au moins l'ancien testament puisque Dieu est toujours là et le nouveau puisque Jésus est ressuscité...
Ils devraient pourtant s'entendre comme larrons en foire ces deux-là. Athées tous les deux.
Ah ... Un athée devrait donc tout admettre d'un autre pourvu qu'il soit athée ?
L'athéisme serait donc une sorte de tare/maladie qui enlèverait tout discernement, tout esprit critique et toute clairvoyance, au point que les travers de l'un seraient tenus secrets, les mensonges camouflés.
Et donc également remettre sa vie, les yeux fermés à des idoles...
Des espèces de sauvages quoi, normal : c'est bien connu, les athées ne sont que de pauvres matérialistes, de facto privé de vie spirituelle...
Muze a dit :
Onfray prend tout simplement n'importe quel biais (et pourquoi pas Freud, et pourquoi pas truc ou muche) pour faire passer ce qu'il pense LUI.
Pourquoi n'importe quel biais ? Analyser le freudisme, ce qu'il doit aux prédécesseurs, l'impact sur une époque, tant sur l'homme que sur l'histoire c'est n'importe quoi ?
C'est interdit de dire ce que l'on pense du freudisme ? Ou, compte tenu du fait que d'autres avant lui l'ont dénoncé et avec les mêmes reproches, c'est seulement M.Onfray qui doit être touché d'interdiction ? Pour (au choix)
- avoir démissionné de l'Education Nationale pour s'investir dans des universités populaires,
- ses avis politiques jugés trop à gauche,
- avoir l'outrecuidance de toucher à la psychanalyse,
- à un psychanalyste juif de surcroît,
- son athéisme,
- son succès éditorial,
etc...
Que ce qu'il veut dire n'ai aucun rapport avec le fantoche qu'il utilise et qu'il soit obligé de manoeuvrer ce dernier comme un forcené pour lui faire dire ce qu'il n'a jamais dit ne le dérange même pas.
Tu as lu son livre ?
Dès les premières pages le pacte de lecture est annoncé :
M.Onfray propose une analyse nietzchéenne de Freud, partant du principe qu'il ne manque pas de citer :
"Ce qui nous pousse à n'accorder aux philosophes, dans leur ensemble, qu'un regard où se mêlent méfiance et raillerie, ce n'est pas tant de découvrir à tout bout de champ combien ils sont innocents, combien de fois et avec quelle facilité ils se trompent et s'égarent, bref, quelle puérilité est la leur, quel enfantillage ; c'est de voir avec quel manque de sincrité ils élèvent un concert unanime de vertueuses et bruyantes protestations dès que l'on touche, même de loin, au problème de leur sincérité. Ils font tous comme s'ils avaient découvert et conquis leurs opinions propres par l'exercice spontané d'une dialectique pure, froide et divinement impassible (à la différence des mystiques de toute classe, qui, plus honnêtes et plus balourds, parlent de leur "inspiration"), alors que le plus souvent c'est une affirmation arbitraire, une lubie, une "intuition", et plus souvent encore un voeu très cher mais quintessencié et soigneusement passé au tamis, qu'ils défendent pàar des raisons inventées après coup. Tous sont, quoi qu'ils en aient, les avocats et souvent les astucieux défenseurs de leurs préjugés, baptisés par eux "vérités". Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, 1ère partie, paragraphe 5.
S'appliquant, bien entendu, à lui même ce principe, M.Onfray très logiquement ne lance aucun concept personnel mais démontre et fait à mon sens un véritable travail de chercheur (dans le sens universitaire du terme puisque tout est parfaitement vérifiable à partir d'une bibliographie riche et détaillée).
Qui plus est il fait œuvre de philosophe puisqu'il ose remettre en question le freudisme. A l'instar de bien d'autres d'ailleurs.
Bien évidemment, l'analyse des "faits et gestes" de la personne de Freud est incontournable puisque le but est de montrer ce que le "père de la psychanalyse" à projeté de lui et de ce qu'il était dans son oeuvre.
Mais c'est vrai, c'est difficile et dangereux de dénoncer une idole et de la remettre à sa seule mesure humaine...
Pour moi Onfray est d'une mauvaise foi totale. Il accuse Freud de piétisme, alors qu'il a clairement désigné DIeu comme une projection psychique idéalisée de l'homme par lui-même. Freud n'a jamais prétendu que ce qu'il disait était en béton, et en plus il n'a cessé de s'auto-corriger toute sa vie. Si c'est ça être un fasciste...
Quelles sont tes sources ? Je n'ai rien lu jusque là qui corresponde de près ou de loin une telle accusation. Mais je n'ai pas terminé le livre...
Et j'ajoute que c'est totalement naze et mesquin de penser pouvoir confondre une oeuvre, une pensée avec des données biographiques, interprétées librement de surcroît.
Parce que Freud est la seule personne à qui la méthode freudienne ne peut être appliquée ?
A quel titre ses actions et les tendances de son oeuvre n'auraient-elle rien à voir avec son passé, ses correspondances ?
Depuis quand la transcription scrupuleuse d'un passage de ses correspondances est à considérer comme une interprétation libre ?
"Je déteste ce que tu dis mais je me ferais tuer pour que tu puisses toujours le dire." (Voltaire)